Lettre aux candidat(e)s aux élections présidentielles

La FRAAP a adressé la lettre suivante candidat(e)s aux élections présidentielles

Nous publierons leur réponse dès réception.

(Madame, Monsieur),

Au moment de l’élection présidentielle, nous souhaitons attirer votre attention sur la situation des associations d’artistes, et des artistes plasticiens eux-mêmes, et vous interroger sur la politique culturelle que vous préconisez. Et cela plus particulièrement sur deux points :

Nous constatons d’une manière globale une stagnation, si ce n’est une régression, de la politique culturelle nationale en direction des arts plastiques. La situation s’est fortement dégradée depuis plusieurs années entre restriction budgétaire, absence de soutien des pouvoirs publics aux associations et soumission au marché de l’art et aux événements spectaculaires et touristiques. La disparition programmée au sein du ministère de la culture d’un département dédié aux arts plastiques et donc d’un interlocuteur en charge des spécificités de notre secteur, en est le dernier signe.

Plus particulièrement, nous sommes très inquiets de l’absence de visibilité à long terme de la politique culturelle menée par l’État et, bien plus, de ses choix qui détruisent le tissu associatif des arts visuels :

L’orientation de la politique culturelle.

La FRAAP, fédération nationale d’associations d’artistes plasticiens, représente le premier réseau de diffusion et de professionnalisation du champ des arts plastiques. Cependant, la méconnaissance du tissu associatif, de son importance et inversement de sa précarité, par les institutions centrales et/ou déconcentrées met en péril les outils et les compétences que nos associations développent au service des artistes.

La restructuration des financements publics depuis plusieurs années cache un retrait manifeste de l’engagement de l’État. Cette réduction, ou stagnation des crédits, provoque un étranglement des structures entraînant une réduction de la part artistique des budgets et par ricochet la disparition d’emplois dans les structures associatives.

- Comment les artistes et leurs associations peuvent-ils continuer à inventer, à irriguer leur territoire d’implantation, à soutenir les artistes et à rencontrer les publics sans la reconnaissance par l’État de la nécessité d’une création indépendante ?

- Comment sortir d’une politique dite de « l’excellence », qui réduit chaque année le nombre d’associations, étant donné que les seuls critères retenus pour définir « l’excellence » sont le spectaculaire, la médiatisation, la performance économico-touristique ou les règles du marché de l’art ?

Le ponctuel, le pérenne et les territoires.

Depuis dix ans, les dispositifs mis en place par l’État visent à « casser » les financements pérennes des projets à long terme et ancrés sur les territoires pour s’orienter vers des actions ponctuelles non reconductibles . Cette politique purement évènementielle bascule l’art contemporain dans la logique ultralibérale du secteur marchand et instrumentalise en permanence les actions associatives et les artistes.

Nos associations refusent de devenir de simples prestataires de services culturels évalués selon la logique du retour sur investissement immédiat ou comme faire-valoir politique. Elles agissent sur un secteur non-marchand et remplissent souvent seules des missions de diffusion de l’art contemporain et de soutien aux artistes sur un grand nombre de territoires urbains, périurbains ou ruraux. Elles sont confrontées en permanence à des soutiens discontinus et non argumentés, à une absence d’évaluation de leurs actions, à des règles disparates qui ruinent leurs efforts pour préserver ou créer des emplois, et à l’explosion du prix du foncier qui les empêche de maintenir leurs activités dans des lieux adéquats. Cependant seule la permanence des associations d’artistes et la construction de projets dans la durée entre ces associations et les territoires peut être une réponse satisfaisante à la double ambition de l’exigence artistique et de l’égalité de l’accès pour tous à l’art et à la culture.

- Quelle politique initierez-vous avec le secteur associatif des arts plastiques ? Engagerez-vous les services de l’État à évaluer les actions sur des critères énoncés et partagés et à prendre l’initiative de proposer des conventions pluri-annuelles aux associations et aux collectivités territoriales ?

- Quelles politiques d’aide à l’emploi dans le secteur culturel non-marchand engagerez-vous ?

- De la même façon qu’une loi existe sur un taux minimum de logements sociaux dans une commune, mettrez-vous en chantier un texte de loi sur la part de locaux réservés et destinés aux associations ?

Certains que vous serez sensibles à la situation des artistes plasticiens et de leurs associations, nous souhaitons de votre part des engagements clairs et précis.

Notre fédération organise ses rencontres annuelles les 31 mai, 1er et 2 juin prochains à Flers (Orne). Ce sera pour nous l’occasion de débattre, avec l’ensemble des responsables associatifs de notre secteur, des réponses que vous apporterez à ce courrier et des moyens que nous nous donnerons pour veiller à ce que vos engagements soient tenus.

Restant à votre disposition pour vous informer davantage sur la situation des associations d’artistes plasticiens, nous vous remercions par avance et vous prions d’agréer, (Madame, Monsieur), l’expression de notre haute considération.

Pour la FRAAP
Laurent Moszkowicz
Président

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