Réponse de Nicolas Lebas, Modem, Nord

Publication-réponse au courrier de la Fraap aux candidat(e)s aux élections législatives 2007 : réponse de Nicolas Lebas, candidat de l’UDF Mouvement Démocrate à la lettre envoyée par l’association La Petite Surface de Faches-Thumesnil (Nord).

Le 6 juin 2007,

Messieurs,

J’ai pris connaissance de votre mail du 28 mai dernier auquel j’ai prêté la meilleure attention. Vous m’interpellez afin de connaître la position que je défendrai, à l’Assemblée Nationale, vis-à-vis des artistes plasticiens et de la politique culturelle à mener, si je suis élu député.

Candidat de l’UDF - Mouvement Démocrate, je partage la vision de François BAYROU qui place la promotion et la diffusion de la culture au cœur de ses préoccupations. Je soutiens sa position et ferai en sorte, si je suis élu, de défendre les intérêts des artistes plasticiens et dans leur diversité.

Vous dénoncez une stagnation de la politique culturelle nationale en direction des arts plastiques. Ce phénomène n’est en effet pas nouveau. Les politiques publiques en faveur des arts plastiques ont certes connu un fort développement au cours des années 80, mais il devient, aujourd’hui, urgent de réformer le système public de soutien à l’art
contemporain qui se montre trop souvent contre-productif.

Les candidats UDF - MoDem souhaitent une réforme de la Délégation aux Arts Plastiques. Elle aura pour objectif d’obtenir des résultats probants en terme de démocratisation culturelle. Il conviendra également de réfléchir à l’éventualité d’un rapprochement entre la Direction des Musées de France et la Délégation aux Arts Plastiques, afin de réunir création contemporaine et héritage du passé.

Cette volonté de réforme doit s’accompagner d’une évaluation de l’Association Française d’Action Artistique qui, bien que possédant un statut d’association 1901, est largement financée par les pouvoirs publics. La faiblesse du rayonnement des artistes contemporains français à l’étranger traduit les limites de cette structure en termes d’arts plastiques. La promotion des artistes français, tant sur le territoire national où ils n’ont pas toujours la visibilité suffisante dans les grandes institutions nationales et régionales, qu’au niveau international, doit constituer une priorité de la politique culturelle en faveur des arts plastiques.

Par ailleurs, le point essentiel de la politique à mener est de donner à l’art et, en particulier, à l’art contemporain, la place qui devrait être la sienne dans la société, notamment en entreprenant une audacieuse politique de sensibilisation et de formation auprès de tous les citoyens dans le cadre du système éducatif.

L’argent reste, même dans le domaine culturel, le nerf de la guerre et la simple hausse des crédits publics ne suffira pas à remédier à l’ensemble des difficultés qui touchent votre discipline artistique... Nous connaissons l’état de nos finances publiques, mais la culture est un investissement pour l’avenir, il faut garantir les crédits nécessaires au rayonnement culturel de notre pays. Son budget, qui atteint péniblement les 1% de celui de l’État, doit faire l’objet d’une programmation pluriannuelle. Il faut aussi trouver les moyens de renouveler les financements de la culture dans un équilibre subtil entre la liberté de création et la pluralité des financements, publics et privés, et continuer à encourager le mécénat.

J’ajouterai, afin d’apporter une réponse la plus complète possible à vos interrogations, notre position concernant les droits d’auteur et le statut des artistes. Aujourd’hui, nous nous devons de repréciser la place de l’artiste dans la société, accompagner la création et soutenir la diversité culturelle. Pour cela, il faudra nécessairement introduire une loi qui réaffirmera le statut de l’intermittence. S’il n’y a pas de rémunération et protection des droits, il n’y a plus de création ! Ces questions essentielles soulevées par la crise des intermittents et la loi sur les droits d’auteurs n’ont toujours pas obtenu de réponse valable.

Le statut des intermittents du spectacle a été mis en danger par le protocole d’accord de juin 2003. Loin d’améliorer leur condition, il n’a fait que fragiliser plus encore les plus précaires. Il n’a pas non plus résolu la question du déficit de l’Unedic. Il y a dans ce dossier un non-dit : l’intermittence sert à alléger les coûts de production de structures privées et publiques qui jouent avec les règles de l’intermittence pour ne pas assurer les charges qui devraient être les leurs. Ceci est tout simplement inacceptable. L’Unedic n’a pas vocation à être le mécène de la culture française.

Le soutien aux créateurs dans leur diversité est une nécessité. Tout cela pose bien entendu la question des financements de la culture mais aussi de l’organisation des territoires, aujourd’hui en panne. La décentralisation culturelle, chantier inachevé du gouvernement, doit être organisée pour être réussie. Il faudra, pour y parvenir, définir
clairement les rôles : qui fait quoi, comment et avec qui ? Il faudra évidemment inviter les artistes eux-mêmes à nous dire les attentes et les besoins qu’ils ressentent.

Enfin, si le développement d’un droit de présentation est une question légitime, il ne faut pas que cela se retourne contre les intérêts des artistes eux-mêmes, vue l’économie déjà très fragile de l’organisation d’expositions par les collectivités publiques. C’est donc en partenariat avec les artistes qu’il conviendra d’étudier les modalités de mise en place de cette rémunération.

Vous l’aurez compris, si je suis élu député de la 1ère circonscription du Nord, je prônerai un débat législatif afin de redéfinir la politique culturelle nationale en imposant d’intégrer les artistes dans la réflexion et la décision culturelle.

J’espère avoir répondu à vos interrogations légitimes et vous invite à vous connecter sur mon site de campagne www.nicolas-lebas.net<http://www.nicolas-lebas.net/> si vous souhaitez connaître mes autres engagements en faveur de notre circonscription.

Bien cordialement,

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